Elon Musk popiera Marine Le Pen. RN zachowuje dystans
Elon Musk po raz pierwszy publicznie wsparł Marine Le Pen na platformie X, pisząc do swoich 240,8 mln obserwatorów, że jest ona „ostatnią nadzieją Francji". Rzecznik Zjednoczenia Narodowego Laurent Jacobelli potwierdził słowa Muska, ale zaznaczył, że partia nie zabiega o takie poparcie i nie musi odpowiadać za swoich zwolenników. RN przyjmuje wobec Muska podobną strategię dystansu jak wobec prezydenta Trumpa.
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PARIS — “Elle est le dernier espoir de la France” : pour la première fois, Elon Musk a adressé mercredi un quasi- message de soutien à Marine Le Pen, la candidate du RN à l’élection présidentielle, auprès de ses 240,8 millions d’abonnés sur sa plateforme X.
Au Rassemblement national, on se garde cependant de toute association directe avec le milliardaire. “C’est vrai, Marine Le Pen est le dernier espoir de la France”, a réagi le porte-parole du parti, Laurent Jacobelli, ce jeudi au micro de Franceinfo.
“Après, vous savez, les soutiens qui viennent d’ailleurs, nous ne les sollicitons pas, nous les lisons, nous les comprenons, chacun a le droit de s’exprimer […]. Nous ne devons pas répondre de ceux qui nous soutiennent.” Le parti à la flamme a adopté une approche similaire vis-à-vis du président américain Donald Trump, en choisissant de garder ses distances avec Washington.
Ce soutien d’Elon Musk à Marine Le Pen est ainsi qualifié de simple “information” par le député européen Thierry Mariani, qui avait pourtant proposé le nom du patron de SpaceX pour le prix Sakharov, censé célébrer les défenseurs des droits de l’homme, en 2023. Une démarche appuyée par son groupe au Parlement européen, Les Patriotes pour l’Europe, auquel appartient le RN.
“Je pense que ce genre de soutien a davantage d’écho chez les journalistes que chez les électeurs”, balaie-t-il auprès de POLITICO. “On n’a rien demandé. C’est un boulet pour vous, pour les journalistes, mais le Français moyen s’en moque.”
Marine Le Pen, quant à elle, n’a pas réagi publiquement à cette déclaration de soutien. “Il n’y a aucune raison de chercher à s’associer avec des chefs d’entreprise étrangers, et en particulier en dehors de l’Europe”, estime le député européen lepéniste, Fabrice Leggeri.
Une relation ambivalente
Il faut dire que le RN entretient, depuis plusieurs mois, une relation ambivalente avec le propriétaire de la plateforme X.
En février 2025, Jordan Bardella, le président du parti, avait annulé sa prise de parole à un rassemblement conservateur aux Etats-Unis après que l’ancien conseiller de Donald Trump, Steve Bannon, avait répliqué un geste d’Elon Musk, qualifié de salut nazi par plusieurs responsables politiques.
Un mois plus tard, Jordan Bardella avait en revanche déclaré vouloir s’inspirer du “département de l’Efficacité gouvernementale” (DOGE), créé par Elon Musk, alors membre de l’administration Trump, pour trancher dans les dépenses publiques. L’idée séduit les franges les plus libérales du parti à la flamme, mais aussi l’Union des droites pour la République (UDR), alliée du RN.
Ces derniers mois, Elon Musk avait apporté son soutien à des formations politiques européennes d’extrême droite, dont l’Alternative für Deutschland (AfD) en Allemagne et Restore Britain au Royaume-Uni. Mais il s’était tenu à l’écart du monde politique français, à l’exception d’un message indirect de soutien à Marine Le Pen après sa condamnation en première instance en mars 2025 dans l’affaire des assistants parlementaires du FN (ex-RN).
Pour les lepénistes, ce tweet de soutien pourrait bien être un cadeau empoisonné. Le parti tente de contrer l’argument, repris par plusieurs personnalités politiques, comme l’ancien commissaire européen Thierry Breton ou la députée européenne Renew Nathalie Loiseau, présentant l’intervention d’Elon Musk comme une probable tentative d’ingérence étrangère dans le débat public français, à moins d’un an de l’élection présidentielle.
“Une élection, c’est une guerre d’influence. Et pour moi, la principale influence étrangère, c’est l’Union européenne”, réplique Thierry Mariani, tandis que Fabrice Leggeri craint que ces soupçons concernant Elon Musk n’alimentent des recours contre les résultats de l’élection présidentielle.
“On va brandir l’épouvantail selon lequel il y a une manipulation de l’algorithme”, s’inquiète l’eurodéputé d’extrême droite, très critique de l’annulation des résultats du second tour de la présidentielle roumaine de 2024. La Cour constitutionnelle du pays avait alors justifié sa décision en invoquant l’usage de la plateforme TikTok comme outil de campagne en faveur du candidat prorusse Călin Georgescu.
“Elon Musk a parfaitement le droit de s’exprimer. Là n’est pas le sujet. En revanche, il faudra s’assurer que les outils dont il dispose ne modèlent pas le débat en France vers tel ou tel candidat. Bref, que nos lois soient respectées”, souligne pour sa part Pascal Confavreux, porte-parole du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, auprès de POLITICO.
La plateforme X et son propriétaire sont d’ores et déjà sous le coup d’une information judiciaire en France, portant notamment sur des soupçons de manipulation de son algorithme.
“Cette question est posée de longue date”, estime le député (apparenté Ensemble pour la République) Eric Bothorel, qui avait été à l’origine d’une saisine du parquet de Paris pour ce motif l’année passée. L’élu craint désormais que X ne favorise les voix favorables au RN.
Démontrer que le réseau social a été manipulé pour favoriser des positions politiques, ou les publications d’Elon Musk lui-même, demanderait cependant un accès à son algorithme, soulèvent auprès de POLITICO deux responsables au fait des opérations, sous condition d’anonymat. Or, la justice ne l’a pas obtenu à ce stade.
Sollicité par POLITICO, un porte-parole de X n’a pas donné suite au moment de la publication.
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