NATO's Rutte tells allies: admit it, Trump was right on defence
NATO Secretary General Mark Rutte told POLITICO at the Ankara summit that Donald Trump was right to pressure allies to raise defence spending, modernise their militaries and to strike Iran. "I just like the man. What he is doing for NATO is great news," Rutte said in a podcast interview recorded at the summit. His wholehearted endorsement contrasts with the unease many NATO members feel about Trump's policies.
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ANKARA — Le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, a un message à adresser aux alliés à propos de Donald Trump : le président américain avait raison.
Il avait raison de faire pression sur eux pour qu’ils augmentent leurs dépenses de défense, il avait raison de les inciter à moderniser leurs armées, et il avait raison de déclencher une guerre contre l’Iran, a considéré le Néerlandais auprès de POLITICO lors d’une interview pour le podcast The Conversation with Dasha Burns , enregistrée à l’occasion du sommet des dirigeants de l’Alliance cette semaine, dans la capitale turque.
“C’est simplement que j’apprécie cet homme. Je pense que ce qu’il fait pour l’Otan est une excellente nouvelle”, s’est réjoui Mark Rutte.
Voici un soutien sans réserve aux politiques du président américain, qui ont parfois irrité d’autres membres de l’Alliance, dont beaucoup s’interrogent sur l’engagement de Donald Trump envers elle après ses menaces d’annexer le Groenland , sa remise en cause de l’engagement de défense mutuelle prévu par l’article 5 du traité de l’Otan , ses attaques contre d’autres dirigeants , sa décision de retirer une partie des troupes américaines d’Allemagne et la révision plus large , actuellement menée par le Pentagone , de la présence militaire américaine en Europe.
“Le président Trump [est] en train de réaliser, en somme, ce que les présidents américains ont tenté de faire depuis Eisenhower, à savoir équilibrer les dépenses de défense entre les Etats-Unis et l’Europe”, a ajouté Mark Rutte.
Le chef de l’Otan a affirmé que le sommet de cette année serait un tournant pour l’Alliance, et permettrait aussi d’injecter des milliards supplémentaires dans des programmes de défense essentiels.
Les chiffres, à ce jour, sont colossaux. Les Etats-Unis mis à part, les 31 autres pays de l’Otan se sont engagés, au cours des deux dernières années, à consacrer 250 milliards de dollars à de nouveaux programmes et investissements dans la défense, et une multitude de nouveaux accords et engagements devraient être annoncés au cours des deux prochains jours.
Tout cela s’inscrit dans un contexte où Donald Trump exige de ses alliés qu’ils dépensent et s’engagent davantage, alors que Washington réoriente ses priorités vers la sécurité intérieure et, dans une moindre mesure, vers la région du Pacifique.
Le chef de l’Otan a insisté sur le fait que les pays européens redoublaient d’efforts pour renforcer leurs capacités militaires afin d’assumer une part plus équitable de la défense du continent.
“Il faut construire une Otan qui soit viable et qui, par conséquent, ne dépende pas excessivement des Etats-Unis : une Europe plus forte au sein d’une Otan plus forte, où les Européens et les Canadiens s’impliquent vraiment davantage”, a défendu Mark Rutte.
Mais ce n’est pas seulement la pression exercée par le président américain qui pousse l’Alliance à augmenter ses dépenses de défense. L’autre facteur déterminant est Vladimir Poutine. Les alliés sont déterminés à continuer de soutenir l’Ukraine par des aides financières et des livraisons d’armes, mais aussi à renforcer leurs propres défenses afin de dissuader une éventuelle attaque russe .
“Nous devons le faire à cause de la menace russe, et nous voyons bien ce que font les Russes en Ukraine”, a souligné le Néerlandais, ajoutant que l’objectif était de défendre le milliard d’habitants des pays de l’Otan “contre la menace russe, le renforcement massif des capacités militaires chinoises et le fait que la Russie, la Chine, la Corée du Nord et l’Iran travaillent ensemble”.
Donald Trump s’est également plaint de la réticence de nombreux alliés européens à lui prêter main-forte dans la guerre qu’il a déclenchée contre l’Iran.
“On nous a laissé tomber”, a déclaré le président américain le mois dernier, lorsqu’il a reçu Mark Rutte dans le Bureau ovale. “Nous n’avions absolument pas besoin d’aide sur ce point. Nous avons littéralement anéanti [l’Iran] dès la première semaine, mais ça aurait été sympa s’ils avaient dit : ‘On aimerait aider.’”
Mais le Néerlandais a de nouveau souligné que les pays européens ont joué un rôle crucial dans la campagne de frappes aériennes contre l’Iran.
“Les Etats-Unis n’auraient probablement pas pu mener l’opération Epic Fury sans utiliser l’Europe comme une immense plateforme de projection”, a-t-il avancé, rappelant que la Roumanie avait fermé son plus grand aéroport commercial pour permettre aux avions américains de décoller et d’atterrir, et que pas moins de 5 000 appareils avaient décollé d’aérodromes européens cet hiver, malgré la persistance de Donald Trump à affirmer que les alliés n’avaient pas apporté leur aide.
Un haut responsable de la Maison-Blanche relatait que Donald Trump se rendait à Ankara avec “un mélange d’optimisme et une certaine inquiétude concernant l’Iran. Les deux à la fois. Je sais que cela peut sembler contradictoire, mais il y a tout de même l’espoir que, même après ce qu’il s’est passé après l’Iran, il existe peut-être un chemin pour avancer.”
Mark Rutte a insisté sur le fait que, malgré les divergences, l’Alliance reste unie avec les Etats-Unis comme partenaire à part entière.
“Je pense que le président a raison de dire qu’il existe des cas particuliers où il est à juste titre déçu, mais quand on considère la situation dans son ensemble, ce que font les Européens est considérable”, a-t-il estimé, avant de poursuivre : “Cela prouve que les pays européens ont vraiment apporté une aide précieuse, grâce à tous ces accords bilatéraux, pour rendre Epic Fury possible.”
Cet article a d’abord été publié par POLITICO en anglais, puis a été édité en français par Jean-Christophe Catalon.
Was Trump right to pressure NATO allies into higher defence spending?
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